Première nuit

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La première nuit dans ma chambre d’hôpital a été plutôt douloureuse. Quand je dis douloureuse, je parle pas d’une douleur physique mais plutôt la sensation psychologique que quelque chose t’échappe, t’as plus trop prise sur ta vie et tu te demandes ce qu’il va advenir de la suite.

Ma mère et ma sœur venaient de quitter ma chambre, s’assurant que je ne manquerais de rien pour la nuit (il était 18h et je m’apprêtais à dormir – quand je vous dis que j’étais fatiguée, c’était pas de la rigolade). Seule dans ma chambre, après cette journée chaotique entre échographies et prises de sang, j’ai enfin lâché la pression et j’ai pleuré en silence.

J’avais laissé un petit morceau du rideau ouvert pour pouvoir regarder le ciel pendant la nuit, comme si j’avais besoin de me raccrocher à quelque chose de l’extérieur pour ne pas être complètement enfermée dans cette chambre d’hôpital.

J’ai eu du mal à trouver le sommeil avec les bip bip des machines des autres patients et la télévision de mon voisin de chambre volume maximum qui faisait trembler tous les murs (il regardait un putain de film d’action). J’ai même dû appeler les infirmières pour leur demander de baisser le volume ou simplement de fermer la porte de cette chambre Dolby Digital. On m’a dit qu’il était sourd, le pauvre. Ben merde… et moi j’aimerais bien dormir.

Malgré tout, ce cocon « hôpital » me rassurait car ENFIN j’étais prise en charge. Si jamais il m’arrive quoi que ce soit cette nuit, me dis-je (genre si mon cœur s’arrête de battre), je serai au bon endroit si il faut me ranimer #relief

Pendant la nuit, je me suis réveillée 5 fois. Pour plusieurs raisons. Je pense que j’étais très angoissée à l’idée qu’il m’arrive quelque chose de plus grave que tous les symptômes que j’avais déjà eus auparavant. J’étais en sur-écoute du moindre soubresaut de mon corps. Ensuite, à chaque fois que je tombais dans les bras de Morphée, mon esprit revenait au galop en mode « ne t’endors surtout pas, si tu t’endors tu perds le contrôle et il va t’arriver un truc ! ». Irrationnel mais intense, impossible de trouver le sommeil. Je me débattais avec moi-même dans ma tête : est-ce que tout ça est un rêve ? Vais-je jamais retrouver une vie normale après cet épisode ? Est-ce le début de quelque chose de beaucoup plus grand/grave ? Pincez-moi que je me réveille, je ne veux pas être dans cette chambre d’hôpital, où se trouve le bouton Rewind, je veux retrouver ma vie d’avant !

Difficile d’accepter son sort, surtout quand on ne le connait pas. A ce moment là, je ne savais toujours pas à quelle sauce j’allais être mangée et devoir attendre un diagnostique ne présageait rien de bon. Pourquoi leur faut-il aussi longtemps pour trouver ce qui se cache derrière mes maux ?

Au matin, j’ai eu une conversation avec une amie :

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Elle a débarqué peu de temps après dans ma chambre d’hôpital pour me faire un soin Reiki.

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Je n’avais jamais fait de Reiki avant cette séance improvisée dans ma chambre d’hôpital et je n’aurais jamais pensé que ça changerait ma vie à ce point. Elle a réussi à me redonner de l’énergie alors que j’étais complètement à plat, mon corps ne répondait plus. Après la séance, j’ai retrouvé des petites joues roses, un peu d’appétit et un méga smile. J’ai senti un profond changement en moi, comme si mon esprit et mon corps jouaient la même partition alors qu’avant, ils étaient en dissonance. J’étais ancrée dans mon corps, tout simplement. Du coup, la peur est rapidement partie et a fait place à un début d’acceptation de mon sort.

Ce soir là, seule dans ma chambre d’hôpital, j’avais envie d’aller danser sur le toit.

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