Lettre à l’infirmière des urgences

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Le mercredi 14 février au soir, je débarque (ou plutôt on me débarque) aux urgences. Je tiens à peine debout, j’ai mal au ventre d’une douleur inexplicable, la nausée, des courbatures. Je m’allonge sur la banquette de la salle d’attente.

Chance, ce soir, il n’y a personne.

Quelques minutes après notre arrivée, une infirmière vient me chercher. Elle m’emmène avec une petite chaise à roulettes dans une salle pour me poser quelques questions. Quand elle a terminé, elle m’envoie le médecin pour m’examiner et me poser plein de questions.

Il faut faire une prise de sang et me poser une perfusion pour me réhydrater. Génial, j’adore les piqûres (comme je vous l’expliquais ici).

On m’envoie une autre infirmière qui va s’occuper de tout ça.

_________________________

Chère infirmière,

Vous étiez de garde le soir du 14 février 2018.

J’espère que vous passiez une meilleure soirée que la mienne.

Vous vous souvenez de cette fille à moitié terrorisée à l’idée qu’on lui enfonce un tube en plastique dans le bras pour la réhydrater ? C’était moi.

Je vous avais demandé si vous étiez douce, pour plaisanter, pour cacher mon malaise. Pour que vous me répondiez que oui, bien sur vous êtes la plus douce des infirmières et que je ne sentirais rien du tout car vous alliez vous y prendre avec toute la délicatesse du monde.

Au lieu de ça, vous m’avez à peine répondu et tiré le bras pour pouvoir mieux voir où piquer.

Ensuite, pour casser le silence, je vous ai dit que j’étais un peu phobique des piqûres et que j’aurais beaucoup aimé que vous releviez le lit au niveau de jambes car ça me rassurerait.

Au lieu de ça, vous avez dit que c’était pour mon bien et que personne n’aime les piqûres.

Vous avez piqué pour me faire la prise de sang sans me prévenir que vous étiez sur le point de piquer. La douleur était vraiment vive, je n’ai jamais eu de prise de sang aussi douloureuse.

J’ai crié que ça me faisait mal.

Vous n’avez rien dit.

Sans m’expliquer ce que vous faisiez, vous avez terminé la prise de sang et introduit le cathéter pour la perfusion. J’ai eu à nouveau très mal et été très surprise que vous ne me préveniez pas de ce que vous étiez en train de faire.

J’ai à nouveau crié et dit que ça me faisait mal. Je voyais des étoiles et du blanc tout autour.

Vous avez posé un gros plastique collant autour du cathéter en disant que c’était terminé.

Je vous ai demandé si cette douleur était normale.

Vous avez dit que oui, il y a un tube en plastique dans ma veine, c’est normal ça passera.

Vous m’avez dit d’un air très détaché  : « bon, je vais vous faire plaisir et je vais vous lever les jambes ». Vous avez simplement baissé le lit au niveau de ma tête, j’étais très mal mise, la tête en bas. J’ai très vite demandé à ce qu’on me remette dans la position initiale.

Vous sembliez satisfaite.

Je voulais simplement vous dire que ce n’était pas ça que je vous demandais.

Je voulais simplement être rassurée et j’ai cherché par tous les moyens d’entrer en communication avec vous pour me sentir un peu tranquillisée.

Cela faisait des jours que j’avais des douleurs inexpliquée et que nous courrions entre médecin généraliste et échographies à l’hôpital. Ce soir là, la douleur et l’inquiétude étaient telles qu’il fallait venir jusqu’aux Urgences pour être prise en charge.

Lors de mon hospitalisation, j’ai eu droit à des dizaines de prises de sang et aucune ne m’a fait aussi mal que ce soir là.

J’aurais simplement aimé un peu plus d’humanité et de douceur de votre part, était-ce si compliqué ?

Alice

Une réflexion sur “Lettre à l’infirmière des urgences

  1. OMG, mais c’est qui cette conne d’infirmière? désolée pour l’expression mais ça me rappelle de mauvais souvenirs. Elle a eu son diplôme où, sérieux? J’ai gardé un vrai traumatisme par rapport à ces histoires de piqûres et je vois que ça n’a pas changé. En plus, toi t’es adulte, du coup, c’est comme si t’avais pas le droit de te plaindre.
    Quand je vais faire une prise de sang, je dis toujours que je suis traumatisée par les piqûres, les baxters, tout ça et 9x sur 10, les docteurs essayent de faire un effort, de me rassurer. Il y a parfois des pas sympas bien sûr mais en moyenne, je dirais que ça va…et là, cette débile t’infantilise avec son « c’est pour votre bien » et ne fais pas en sorte que tu te sens plus à l’aise, non mais sérieux, c’est quoi ça?

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