Un aveu

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J’ai un aveu à faire : j’aimais bien quand j’étais à l’hosto. Je n’aurais jamais cru un jour penser ça ni même un jour écrire un truc pareil. Et pourtant c’est vrai.

Ma vie, depuis ces quelques dernières années a été une course contre la montre, contre moi-même. Je cours, je cours, je cours, je cours sans jamais me poser. Je fais, toujours plus, et je ne suis jamais satisfaite. Je suis dure avec moi-même et je ne m’octroie aucun répit. J’ai complètement oublié de vivre dans l’instant, je pense toujours au futur ou aux choses du passé qui me font du soucis.

Me poser pour réfléchir aux vrais trucs de la vie m’est difficile et douloureux. Comme si des vieux démons allaient s’emparer de moi si jamais j’osais m’arrêter de courir.

J’ai toujours cru que je prenais super bien soin de moi, que je m’écoutais de ouf.

PAS. DU. TOUT. J’avais rien compris.

Manger sur le pouce, parfois sauter un repas parce que « je suis trop occupée sur un truc », c’est pas vraiment prendre soin de soi. Accepter tout et n’importe quoi par peur de dire non, c’est pas vraiment prendre soin de soi. Essayer de garder le contrôle et foncer droit dans le mur, c’est pas vraiment prendre soin de soi non plus.

Ce petit arrêt forcé dans une chambre d’hôpital fût donc plutôt une expérience positive (quoique difficile au début). Être prise en charge dans une structure, y avoir une place (oh mon dieu on en parle du syndrome de l’imposteur ?) – parfois je doutais de mes symptômes et je me demandais si j’étais légitime de me trouver dans cette chambre (suis-je complètement fucked up de penser ça ?) – était la meilleure chose qui pouvait m’arriver.

On veillait sur moi comme je n’avais jamais réussi à veiller sur moi-même.

Quelle sensation reposante.

Ne plus devoir me soucier de faire les courses, ne plus devoir me soucier de faire à manger, ne plus devoir me soucier de me sentir occupée.

Pour un moment, avoir l’autorisation d’être pas bien et d’arrêter de courir pour me poser un peu.

Baisser la garde et y être autorisée (et forcée).

C’est ça qu’il me fallait pour prendre le recul dont j’avais besoin sur ma vie et sur mon fonctionnement. Sinon j’allais continuer à garder mes œillères et à foncer droit dans le mur.

PS : vive les plateaux repas des hôpitaux !

Une réflexion sur “Un aveu

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